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Fibres, eau, vitamines : ce qu’un légume apporte vraiment

Avatar de Hermance Pouliquen-Vidalenc

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Dire qu’un légume est « bon pour la santé » ne dit rien de précis : les fibres, l’eau, les vitamines et les minéraux qu’il contient varient fortement d’une espèce à l’autre, et même d’un jour de conservation à l’autre pour un même légume.

Deux familles de fibres, deux effets

Les fibres solubles, présentes en bonne quantité dans la carotte, la pomme ou l’oignon, se dissolvent partiellement dans l’eau et forment un gel au contact des liquides digestifs. Les fibres insolubles, dominantes dans les légumes-feuilles, les fanes et les peaux, traversent le tube digestif sans se dissoudre et apportent surtout du volume. Un légume donné contient presque toujours les deux, en proportions différentes selon la partie consommée : la peau concentre davantage de fibres insolubles que la chair.

L’eau, composant majoritaire et jamais neutre

Un légume frais est composé d’eau à hauteur de 85 à 95 % selon l’espèce, la concombre et la courgette se situant en haut de cette fourchette, la pomme de terre et le petit pois en bas. Cette teneur en eau explique en grande partie la texture crue du légume, sa capacité à rendre du jus à la cuisson, et sa perte de poids progressive au fil des jours de conservation, un légume flétri ayant simplement perdu une part de cette eau par évaporation.

Des vitamines sensibles à la chaleur, à l’air et à la lumière

La vitamine C, présente en quantité notable dans le poivron, le chou et les fruits, se dégrade à la chaleur, au contact prolongé de l’air une fois le légume coupé, et à la lumière. Les folates, abondants dans les légumes-feuilles, suivent une fragilité comparable. D’autres vitamines, comme la vitamine K du chou ou de l’épinard, résistent mieux à la cuisson. Cette hétérogénéité explique pourquoi aucune règle unique ne s’applique à tous les légumes : préserver un chou-fleur suppose une attention différente de celle que demande une carotte, plus stable à la cuisson.

Les minéraux, plus stables que les vitamines

Le potassium, présent en quantité notable dans la pomme de terre, la banane ou les épinards, et le magnésium, que l’on retrouve dans les légumes-feuilles verts foncés, résistent globalement mieux à la cuisson que les vitamines hydrosolubles. Une partie migre néanmoins dans l’eau de cuisson lorsqu’un légume est bouilli, exactement comme la vitamine C, ce qui rend la vapeur ou le four préférables si l’on cherche à conserver un apport minéral maximal plutôt que de le voir filer dans l’évier avec l’eau de cuisson.

Le fer d’origine végétale, présent dans les légumineuses et certains légumes-feuilles, s’assimile moins facilement que le fer d’origine animale, mais son absorption s’améliore nettement en présence de vitamine C au même repas : associer un légume riche en fer à un légume riche en vitamine C, comme des lentilles et des poivrons, optimise cet apport sans recourir à aucun complément.

Une composition qui varie avec la fraîcheur

La teneur en vitamines mesurée à la récolte n’est pas celle que l’on retrouve dans l’assiette plusieurs jours plus tard : le temps de transport, la durée de stockage et le mode de conservation font tous baisser progressivement certains apports, en particulier la vitamine C, la plus instable. Un légume acheté frais et consommé rapidement conserve donc davantage de ses apports qu’un légume stocké longuement à température ambiante, même sans dégradation visible à l’œil.

Composant Où il domine Sensibilité principale
Fibres solubles Carotte, pomme, oignon Peu sensibles à la cuisson
Fibres insolubles Légumes-feuilles, fanes, peaux Peu sensibles à la cuisson
Eau Concombre, courgette, tomate Évaporation avec le temps de stockage
Vitamine C Poivron, chou, agrumes Chaleur, air, lumière, durée de stockage
Vitamine K Chou, épinard, brocoli Résiste mieux à la cuisson

Les tables de composition nutritionnelle publiées par l’ANSES, dans sa base Ciqual, détaillent ces variations légume par légume et confirment qu’un même produit peut afficher des valeurs différentes selon sa fraîcheur et son mode de préparation. Pour connaître le budget que ces différences impliquent selon la forme d’achat choisie, notre rubrique Courses & Budget compare le prix réel au kilo entre le frais, le surgelé et la conserve.


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