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La liste de courses est le premier outil anti-gaspillage

Avatar de Hermance Pouliquen-Vidalenc

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Le gaspillage alimentaire ne commence pas dans la poubelle mais souvent bien avant, au moment de l’achat impulsif d’un légume dont personne n’a vraiment prévu l’usage. Une liste de courses réfléchie reste l’outil le plus simple pour éviter ce gâchis avant qu’il ne se produise.

L’achat non planifié finit plus souvent à la poubelle

Un légume acheté par envie du moment, sans idée précise de la recette qui l’accueillera, attend plus longtemps dans le réfrigérateur qu’un légume acheté pour un menu déjà décidé. Ce délai d’attente supplémentaire suffit souvent à le faire basculer au-delà de sa fraîcheur optimale, un mécanisme que l’ADEME associe directement à l’origine d’une large part du gaspillage alimentaire mesuré dans les foyers français.

Le menu de la semaine, avant la liste

Composer un menu, même approximatif, pour les jours à venir permet de n’acheter que les légumes dont l’usage est déjà fixé, en quantité proche du besoin réel plutôt qu’estimée à l’œil devant l’étal. Cette étape, plus longue que l’achat lui-même, évite l’accumulation de produits qui se ressemblent sans qu’aucun repas précis ne les réclame, une situation fréquente lorsque les courses se font sans plan préalable.

L’inventaire du réfrigérateur, avant de partir

Vérifier ce qui reste dans le réfrigérateur et le bac à légumes avant de partir faire les courses évite d’acheter en double un produit déjà présent, un réflexe simple mais souvent négligé quand la liste se rédige de mémoire. Cet inventaire rapide permet aussi de composer le menu de la semaine autour des légumes déjà entamés, ceux dont la fraîcheur décline le plus vite, plutôt que de les laisser de côté au profit d’achats plus récents et donc plus tentants.

Une liste écrite plutôt que gardée en tête

Rédiger la liste par écrit, sur papier ou dans une application, plutôt que de compter sur la mémoire au fil des rayons, réduit les oublis qui provoquent ensuite un second achat en double, et les ajouts d’impulsion qui n’entrent dans aucun menu prévu. Organiser cette liste par rayon, en regroupant les légumes entre eux, accélère aussi le parcours en magasin et limite le temps passé face à un étal, un temps pendant lequel les achats non planifiés se décident le plus souvent.

Une liste précise en quantité, et pas seulement en nature de produit, évite également le réflexe d’acheter un peu plus « pour être sûr », un excès de prudence qui se traduit presque toujours par un reste non consommé en fin de semaine. Noter la quantité exacte nécessaire pour les recettes prévues demande un effort initial modeste, largement compensé par la réduction du gaspillage qu’il permet.

DLC et DDM, deux dates qui ne disent pas la même chose

La date limite de consommation, apposée sur les produits périssables, indique une limite de sécurité au-delà de laquelle le produit ne doit plus être consommé. La date de durabilité minimale, que l’on trouve sur des produits plus stables, indique seulement une date jusqu’à laquelle le fabricant garantit les qualités optimales du produit, sans que sa consommation après cette date présente un risque comparable. Confondre les deux pousse à jeter par excès de prudence des produits encore parfaitement consommables, un gaspillage que la loi du 11 février 2016 contre le gaspillage alimentaire a justement cherché à réduire en responsabilisant l’ensemble de la chaîne, du producteur au consommateur.

Ranger ses achats selon ces repères, plutôt qu’à l’œil, complète utilement la liste de courses en amont. Notre rubrique Rangement & Entretien détaille les méthodes de conservation qui prolongent la fraîcheur d’un légume une fois rentré à la maison, pour que l’effort fait au moment de la liste ne soit pas perdu dans un tiroir mal organisé.


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