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Robot multifonction : les gestes qu’il reprend et ceux qu’il invente

Avatar de Timothée Grandjouan-Leclère

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Le robot multifonction promet de tout faire, du hachage à la pâte à pain. Dans les faits, il excelle sur certains gestes précis, reste dispensable sur d’autres, et son utilité réelle dépend moins de ses fonctions annoncées que de la fréquence à laquelle on les utilise vraiment.

Ce qu’il fait mieux que la main

Hacher un oignon, râper une carotte en grande quantité ou mixer une soupe lisse sont des gestes où le robot gagne en régularité et en vitesse ce que la main perd en fatigue. Sur un volume important, préparer une julienne de légumes pour une ratatouille familiale ou râper du céleri-rave pour plusieurs bocaux devient une affaire de secondes plutôt que de longues minutes au couteau, avec une coupe étonnamment homogène d’un morceau à l’autre.

Le pétrissage d’une pâte, geste long et répétitif à la main, profite lui aussi nettement du robot : le crochet pétrisseur travaille la pâte à une régularité que la fatigue du bras rend difficile à maintenir sur la durée, avec un résultat souvent plus homogène en fin de pétrissage.

Ce qu’il fait moins bien, ou pas du tout

La cuisson à basse température, annoncée sur certains modèles haut de gamme, reste un geste que la casserole ou le four maîtrisent tout aussi bien, sans le coût ni l’apprentissage d’une interface supplémentaire. Émincer finement un légume délicat, comme une herbe fraîche ou une fine tranche de radis, donne souvent un résultat plus net au couteau qu’au bol du robot, où la lame tourne parfois trop vite pour un résultat propre sur de petites quantités.

Les préparations en très petite quantité, une vinaigrette ou une sauce pour deux personnes, ne justifient pas toujours le temps de montage et de nettoyage du bol, alors qu’un fouet ou un bol suffisent en quelques gestes simples.

Le vrai coût : le nettoyage et la place

Un robot multifonction se compose souvent de plusieurs pièces, bol, couteau, disques, fouets, qui se démontent et se nettoient séparément après chaque usage. Ce temps de nettoyage, rarement compté au moment de l’achat, pèse lourd dans l’usage réel : beaucoup de foyers renoncent au robot pour une tâche rapide simplement parce que sortir, monter puis nettoyer l’appareil prend plus de temps que le geste manuel qu’il devait remplacer.

L’appareil occupe aussi une place fixe dans un plan de travail ou un placard, avec ses accessoires, dont plusieurs restent souvent inutilisés après les premiers essais : le disque à julienne ou l’accessoire à pâtes fraîches, achetés dans le lot, ne sortent parfois qu’une poignée de fois par an.

Les accessoires vraiment utiles, et les autres

Parmi les disques et lames vendus avec un robot, trois reviennent le plus souvent dans un usage quotidien : la lame couteau pour hacher et mixer, le disque à râper pour les carottes et le fromage, et le crochet pétrisseur pour qui fait son pain régulièrement. Les autres, disque à frites, accessoire à pâtes, fouet à blancs séparé, dorment le plus souvent dans un tiroir, sortis une ou deux fois avant l’abandon, une fois l’effet de nouveauté passé.

Avant l’achat, il vaut mieux lister les gestes réellement répétés dans sa cuisine que de se laisser convaincre par la liste complète des fonctions annoncées sur la boîte. Un robot choisi pour trois usages fréquents rendra davantage service qu’un modèle plus cher offrant dix fonctions dont sept resteront sans emploi, quel que soit le prix payé pour ces options supplémentaires.

Un choix qui dépend de la fréquence d’usage

La consommation électrique d’un robot reste modeste à l’usage, mais elle s’ajoute à celle de l’ensemble des petits appareils électroménagers du foyer, un poste que l’ADEME invite à raisonner globalement plutôt qu’appareil par appareil. Le critère décisif reste la fréquence : un robot utilisé plusieurs fois par semaine pour les mêmes gestes justifie sa place, tandis qu’un usage occasionnel se satisfait souvent d’un couteau bien affûté, dont notre rubrique Recettes, Fruits & Légumes rappelle qu’il reste l’outil de base de la plupart des préparations.


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